Menhirs énigmatiques, pierres creusées et géants laissés par les glaciers : six rencontres avec la mémoire du paysage, des Ormonts au Chablais.
Les Ormonts
La Forclaz · Ormont-Dessous
Menhir du Tomeley
Une silhouette de 4,7 mètres, solitaire dans un pré à environ 1 408 mètres. Classée en 1970 comme menhir préhistorique, elle est aussi décrite comme un « menhir naturel » : son éventuelle mise en place par des humains reste incertaine.
Le récit du solstice
Jean-Adrien Lavanchy associait cette pierre aux jeux de lumière et d’ombre des Tours d’Aï et de Mayen au solstice d’été. Une lecture symbolique fascinante, sans preuve établie d’un calendrier préhistorique ni d’une origine celte.
Le canton répertorie ce rocher comme un bloc erratique, protégé depuis le 15 mai 1959. Il appartient à ces témoins de la glaciation qui racontent un paysage très différent de celui d’aujourd’hui.
Une histoire encore discrète
Les sources consultées attestent sa protection, mais ne permettent pas de lui attribuer une légende précise. Son intérêt est d’abord celui d’une mémoire glaciaire locale.
Aussi appelée « Pierre des Druides », elle est associée à deux petits blocs calcaires voisins portant une cavité ronde et un bassin quadrangulaire, décrits dans l’inventaire SSDI.
Des creux qui interrogent
Ces cavités et le surnom du rocher invitent à imaginer d’anciens rites. Leur fonction et leur datation ne sont toutefois pas établies par les sources présentées ici : l’évocation des druides reste une interprétation.
Ce géant calcaire a été transporté par le glacier de l’Avançon. Jean de Charpentier, directeur des mines de sel au XIXe siècle, lui donna son nom et s’en servit pour défendre la théorie glaciaire.
Comment est-il arrivé ici ?
Son apparente étrangeté a nourri une véritable énigme scientifique : comment déplacer un tel rocher ? L’explication par les glaciers a transformé notre compréhension des Alpes. Le Sentier du Sel indique un détour vers le bloc.
Voisine du Bloc Monstre, cette autre masse rocheuse fut elle aussi déposée par le glacier de l’Avançon. Les deux blocs ont intrigué les géologues du XIXe siècle.
Deux témoins d’un monde disparu
Sous les arbres, imaginez le glacier qui occupait autrefois ces lieux : leur histoire commune se découvre dans le géotope des blocs erratiques de Dévens. Il s’agit d’une histoire géologique, plutôt que d’une légende de menhir.
Un bloc glaciaire d’environ 19 mètres de long et 9 mètres de haut. Sa taille impressionne, mais sa survie raconte aussi une aventure humaine.
Le géant sauvé des carriers
Au début du XXe siècle, elle risquait d’être débitée en matériaux de construction. La mobilisation pour la sauver a contribué au mouvement suisse de protection de la nature. Un chemin didactique présente les blocs erratiques de Monthey.